LE GRAND COMMERCE, source de richesse
Dieux Fleuve
Un homme accoudé à un vase jaillissant, un roseau à la main : c’est la personnification, classique dans l’Antiquité, d’un fleuve. Mais comment interpréter la figure féminine de cette mosaïque ? S’agit-il d’une source ou bien d’une rivière ? Doit-on à tout prix chercher une correspondance locale à ce tableau ? Ou bien ne faut-il voir que l’engouement pour les thèmes aquatiques : l’eau fertilisatrice, si rare dans le monde méditerranéen, le fleuve nourricier, et ici source de richesses économiques grâce au commerce fluvial ?
Vienne, fouille préventive vallée de la Gère, 1981.
Reconstitution d’un navire
Limite septentrionale de la province de Narbonnaise, Vienne est directement reliée au bassin méditerranéen par la vallée du Rhône. Par cet axe majeur de l’Empire transite un énorme volume de marchandises entre les provinces du Nord (Gaules, Germanie, Bretagne) et la Méditerranée. Lyon constitue le point central de ce réseau. Les bateaux de mer remontent jusqu’en Arles. Au-delà, les transports sur le Rhône et la Saône sont aux mains de puissantes compagnies de navigation, les nautes, dont les bureaux sont à Lyon. Ce bateau chargé d’amphores, réplique d’une embarcation portuaire découverte à Toulon, évoque le commerce de trois produits de base de l’alimentation romaine : l’huile d’olive, le garum, condiment à base de poisson, et le vin.
Piédestal de L. H. Frugus, entrepreneur lyonnais et magistrat à Vienne
Ce piédestal supportait la statue d’un personnage important, le Viennois Lucius Helvius Frugus, curateur des bateliers du Rhône et de la Saône. Il dirigeait l’une des puissantes corporations des bateliers de Lyon. De plus, durant une année, il a été un des deux duumvirs de la cité des Viennois. Ces deux magistrats, comme les consuls de Rome, sont à la tête de l’administration municipale.
Dépôt du musée gallo-romain, Lyon-Fourvière.
Maquette des entrepôts de Vienne
Ces gigantesques entrepôts s’étendaient sur au moins 5 ha. Ils étaient constitués de rangées de grandes cellules (32 m x 15 m), construites sur les bords du Rhône. Par leur taille, ils sont parmi les plus grands du monde romain. Il s’agirait de constructions publiques destinées non pas à la ville de Vienne, mais au stockage de marchandises destinées à Rome, peut-être une partie de l’impôt en nature collecté par l’administration dans les provinces de la Gaule conquise, ce qui laisse supposer des produits très variés : céréales, vins, métaux, bois, peaux…
Sol en plaques de marbre (opus sectile)
Au cours des premiers siècles de notre ère, de nombreuses carrières de marbres étaient exploitées tout autour de la Méditerranée. Ces marbres ont fait l’objet d’un commerce très actif, sous la forme de blocs, mais surtout de plaques de revêtements. Ce dallage incomplet (début du IIIe siècle après J.-C.) ornait une salle de réception dans une maison de Saint-Romain-en-Gal. Il comprend des plaques de marbre violet de Téos (en Asie Mineure) et du marbre jaune de Numidie (actuelle Tunisie) qui sont parmi les plus chers de l’Empire.
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